L'aire, ou tout sauf du vide « Tu cé pourkoi ch'suis après toi comme ça tout le temps ?
1h avant, la marâtre se triturait la tête sur les cours de 4e de sa fille, trop occupée à torcher ses frères et sœurs. Dans la cuisine, l'homme boit sa bière, les yeux dans l'coltard, le front collé sur la hotte. Au fond de la caravane, un môme se bousille les yeux devant l'écran plat familial. En géométrie, l'aire est une mesure de grandeur des figures du plan ou des surfaces de l'espace. En cinéma, L'aire est un film hors espace temps. Une histoire de naufragés de civilisation refoulés sur une plage sans rivage, grillagé avec sanitaires. L'aire renferme des restes de gens du voyage. Entassés dans des caravanes, un ramassis de vie ou d'envies gâchées. Les femmes tiennent bon, continuent de faire exister le foyer, et adoubent les jeunes mâles d'aérosols. Un gardien assure l'hygiène et la salubrité du lieu. Une sorte de ramasse merde de classe moyenne, chargé de briquer les écuries d'Augias à grand coups de karcher. Noël Fries, mai 2011. > Voir la fiche technique de L'aire |